Accueil > Français > Le projet UsageR·E·s > La Conserverie mobile et solidaire veut redimensionner son outil de travail

La Conserverie mobile et solidaire veut redimensionner son outil de travail

Cette initiative, présentée lors de la formation Communs de la MCDR UsageR·E·s à Valence fin décembre, nourrira les réflexions des partenaires de ce projet pour la construction d’accompagnements thématiques.

JPEG - 18.3 ko

Dans la Drôme, trois centres sociaux associatifs de Romans ont lancé en 2016 un projet de conserverie mobile et solidaire. Un groupe de bénévoles et de professionnels, partant des besoins et envies des habitants, décide de s’attaquer à la question de l’alimentation en récupérant les surplus des agriculteurs du territoire pour les transformer sous forme de conserve lors d’animations avec les habitants des quartiers.

« La conserverie c’est un petit fourgon équipé, pas un atelier de transformation complet. On essaye de l’utiliser de façon quasi-professionnelle, explique Mariana Roy, coordinatrice de la Conserverie à la maison de quartier Saint Nicolas. L’idée, c’est de sensibiliser les consommateurs à une nourriture saine et locale, des choses qui sont quand même un peu oubliées pour toute une tranche de consommateur. Nous ne sommes pas dans une posture militante ou radicale mais on va par l’expérience, sensibiliser les personnes ».

Partir de zéro et se former
Les bénévoles et Marianna sont partis de zéro ou presque, en allant voir une conserverie mobile à Liège, puis ont réalisé des formations, trouvé une entreprise pour équiper le camion, travaillé sur les normes, les règles pour rédiger des étiquettes, les recettes… « Le b.a.-ba de la conserverie c’est l’éducation populaire. C’est apprendre à consommer d’autres choses, autrement, à rappeler aux gens comment l’on faisait aussi cela avant. On est un noyau dur de cinq bénévoles mais un groupe projet de quinze personnes dont des professionnels de l’animation. Je n’étais pas très doué en cuisine au départ et j’ai appris pas mal de choses. Cela modifie aussi ma façon de consommer, de m’alimenter », remarque une bénévole.

Un pouvoir d’agir
« Le travail sur l’alimentation est né en 2015 après un diagnostic de territoire pour renouveler les programmes des Caisses d’allocation familiales. On suit une petite cohorte pour avoir conscience de l’évolution de la consommation parmi les personnes des centres sociaux. On a aussi mis en place un groupement d’achat avec quatre produits pour l’instant. C’est ce pouvoir d’agir que nous découvrons », ajoute Marianna.

Quel matériel pour être mobile ?
Dans ce projet, la dimension mobile est essentielle. D’un part, pour réaliser les animations dans les quartiers et permettre aux habitants de découvrir leur territoire et le monde agricole ; d’autre part pour récupérer les invendus ou acheter des produits directement chez les agriculteurs du territoire.
« Il y a déjà deux conserveries déjà sur le territoire mais les « petits » agriculteurs ne se déplacent pas pour 50kg de légumes, précise Marianna. C’est peut-être un modèle économique si cela répond aux besoins de certains agriculteurs. Mais on s’est rendu compte, après une année de fonctionnement et grâce à leurs témoignages, que le dimensionnement du matériel n’était pas adapté. Nous aurions besoin d’un autoclave plus grand ».